*

*
Papa, maman.

J'ai rencontré quelqu'un. Un homme. Plus âgé que moi, mais après tout l'âge on s'en moque n'est-ce pas ? Il est aussi plus grand que moi et tellement plus beau que les autres. Je suis bien à ses côtés, il est tellement gentil avec moi, ça me fait du bien.
Ça n'a pas toujours été facile, je dois même dire que j'ai dû forcer les choses pour qu'il commence à faire attention à moi. Pour lui je n'étais qu'une adolescente parmi tant d'autre qu'il croisait de temps en temps au coin d'une rue ou alors entre deux boites de petits poids dans une épicerie. Il me voyait mais ne me parler pas, je suis même certaine qu'il ne connaissait pas mon nom à ce moment-là. Aujourd'hui c'est différent. Je ne suis plus la même pour lui, je le sens dans son regard. Je le comprends quand il me téléphone au milieu de la nuit pour parler parce qu'il ne va pas bien, je le comprends quand il m'invite le samedi après-midi au cinéma. Un jour il me l'a même dit. Il m'a avoué qu'il était heureux de me connaitre, que j'étais importante pour lui.
Un après-midi alors que nous sortions du cinéma il m'a promis qu'un jour il m'emmènerait visiter les merveilles du monde. Je lui fais confiance, je sais qu'il le fera. C'est un homme bien vous savez. Ce même soir il m'a invité dans un magnifique restaurant et là il m'a dit la plus belle chose qu'un homme peut dire à une femme, il m'a dit qu'il m'aimait. J'étais ému, je l'ai embrassé et je lui ai répondu: Moi aussi.
Papa, maman, à cette heure l'homme que j'aime est parti. Il m'a quitté comme il a quitté sa famille et ses amis. Cet homme que j'aimais et qui m'aimait est mort.
Ce voyage nous n'avons jamais pu le faire, mais le jour de ses funérailles je lui ai promis que ce voyage je le ferai et que dès mon retour je lui raconterai tout.
Papa, maman pardonnez-moi. Je dois partir. Je ne peux plus vivre ici, c'est trop dur. Chaque fois que je marche dans la rue j'ai l'impression de voir l'homme que j'aime à mes côtes.
Je parts, je ne sais pas quand je reviendrais, ne m'attendais pas.

Je vous aime, votre fille.

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 15:12

Modifié le vendredi 26 juin 2009 08:47

" I'm in love with you. "

" I'm in love with you. "




" So... what does this mean?

It means you have a choice. You have a choice to make. And I don't want to rush you into making the decision before you're ready. This morning I was going to come over... I was going to say... What I wanted to say was... But now all I can say is that... I'm in love with you. I've been in love with you for, ever. I'm a little late, I know I'm a little late in telling you that. I, I just, I just want you to take your time, you know. Take all the time you need, because you have a choice to make. And when I had a choice to make, I chose wrong. Goodnight. "

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 15:29

Modifié le vendredi 26 juin 2009 06:18

Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ?

Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ?
Cette gamine assise en pleurs que chagrinent de trop grands malheurs, les grandes s'amusent sans elle, exclue de la bande, elle reste toute seule. Une qui commande, des favorites, il parait qu'elle est trop petite, à la marelle y'a des V.I.P., dans les maternelles comme en boîte de nuit. Mais faut pas pleurer, ça va s'arranger...
Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ? Le plus triste, le plus dommage, elle le sait pas et c'est de son âge, mais elle-même un jour elle fermera sa porte quand à son tour elle sera la plus forte... Ce garçon assis dans un coin, quinze ans, la tête dans les mains, premier amour, premier chagrin, comme le shampoing, la formule deux en un.Il a beau dire que c'est pas grave, jouer les hommes, faire le brave, la savoir dans les bras d'un autre, ça lui brise le coeur, ça lui ronge le ventre... Mais faut pas pleurer, ça va s'arranger... Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ? Qu'il a pas fini de pleurer, qu'la leçon n'est jamais apprise, mais si ça peut le rassurer, lui-même un jour fera sa valise. Cette femme qui cache ses pleurs, le café coule dans la cuisine, son patron n'était pas fier, faut dégraisser, drôle de régime. Chemise cartonnée, demandes de formations, dossiers bien classés, lettres de motivation, d'un geste elle balaye de tristesse et de rage les fiches de paye, les demandes de stages.
Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Puisqu'elle savait déjà, elle le savait mieux que moi, que ça ne va jamais s'arranger, que ça ne f'ra jamais qu'empirer. Ce vieil homme fatigué d'Algérie, qui regrette son Maghreb jour et nuit, tout juste toléré aujourd'hui, faut dire qu' ça fait que trente ans qu'il est ici. Qu'il ne sera jamais propriétaire, qu'il occupe une chambre de bonne, au pays de Voltaire, au pays des lumières et des droits de l'homme. Ce sans-papiers rejeté qui repart, sans même dire au revoir, sans nous dire merci pour le billet de charter gratuit vers la misère de son pays. ça le soulagera sûrement d'apprendre, et faudrait quand même pas qu'il oublie qu'on a gravé Fraternité sur le fronton de nos mairies. Ce taulard emprisonné dans une cellule à six, il devrait en profiter parce que bientôt ils seront dix. Ce malheureux qui dort sur une ventilation de métro, il s'en fout de savoir que je le chante pas assez fort et beaucoup trop faux.Qu'est ce que tu voulais qu'ils me disent ?

# Posté le jeudi 25 juin 2009 16:29